Comment j’ai annoncé à ma femme que je voulais être père - Dave Keesler

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Comment j’ai annoncé à ma femme que je voulais être père

À l’époque, j’étais officier des forces spéciales canadiennes, et j’ai connu plusieurs situations périlleuses, en particulier, au cours des opérations de l’OTAN en Afghanistan. Une roquette a manqué de nous tuer, moi et mes hommes, en Afghanistan. Certains de ces soldats sont morts ou ont été grièvement blessés. Les blessures sont physiques chez certains, et plus souvent, psychologiques. Beaucoup souffrent du syndrome post-traumatique, perdent la mémoire suite à une commotion cérébrale… Mais ce qui nous fait toujours tenir, c’est la famille. Je dis toujours à mes hommes : « Soyez toujours prudents, parce qu’il y a des femmes et des enfants qui ne souhaitent qu’une chose : vous voir revenir sains et saufs. »

Le déclic

À la différence d’autres officiers, je n’avais pas encore d’enfant. Je me souviens que, peu de temps après notre mariage, ma femme m’en avait touché un mot. Je lui avais alors demandé si c’était ce qu’elle voulait. « La question n’est ce que je veux ou ce que tu veux, mais plutôt pourquoi on n’en a jamais discuté », m’avait-elle alors répondu. Plusieurs mois après, je ressentais le désir d’élever un enfant. Je pense que le déclic a eu lieu en Afghanistan. Quand nous n’étions pas sur les champs de batailles, nous lisions les lettres de nos familles. En même temps, je remarquais que mes frères d’armes avaient presque tous des photos de leurs femmes et enfants. J’aime l’Armée et j’y suis très attaché. Ma femme a aussi une belle  carrière, travaillant dans le. domaine de la medecine esthetique. Mais ce qui manquait à notre couple, c’était une enfant, je voulais avoir une fille ! Les dieux semblent avoir exaucé nos vœux parce que nous avons eu de merveilleux enfants. Mais entre le déclic en pleine opération militaire, et leur naissance, il s’est passé beaucoup de choses.

Ma langue a mis trop de temps se délier, finalement !

De retour à la maison, j’ai dit à ma femme que je me rappelais de sa réflexion sur le fait que nous ne discutions jamais de la question de devenir parents. Elle m’a répondu avec un silence assourdissant, « ce n’est jamais bon signe. » Elle n’était sans doute pas contente que j’aie mie trop temps à donner suite à sa remarque. Peut-être qu’à ce moment-là, elle voulait en parler, qu’elle avait le sentiment que voulais esquiver le sujet. Sans trop réfléchir, je lui ai parlé de mon expérience avec mes camarades en Afghanistan. Mais elle m’a coupé : « Tu veux être papa, personne n’en doute. Tout le monde le voit depuis des mois déjà. Tu t’occupes volontiers de tes nièces comme si elles étaient tes propres filles. Alors peu importe comment tu t’en es rendu compte, l’important est que tu m’en parles. Enfin ! »