Conduire dans le calme - Dave Keesler

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Conduire dans le calme

Conduire dans le calme - Dave Keesler

J’avais donné quelques conseils à ma fille pour se garer. Elle avait reçu des félicitations de sa mère pour sa conduite. Nadia, ma fille, est prudente, elle n’accélère pas trop rapidement, elle regarde bien autour d’elle, et elle anticipe en regardant dans ses rétroviseurs. Par contre, j’avais noté un défaut qui était important à lui faire remarquer. Alors que mon épouse était partie pour son injection acide hyaluronique, j’ai proposé à ma fille de prendre le volant de ma voiture. Elle enclencha le moteur, et ouvrit tout de suite la radio. Un concert de hurlements résonna dans l’automobile. Je ne dis rien, laissant Nadia démarrer tranquillement. Je sais que cela peut être stressant, d’autant plus, pour une jeune conductrice, d’avoir des remarques, alors qu’elle conduit. J’ai donc demandé à Nadia de se garer sur l’aire de stationnement du supermarché. Peu de places étaient disponibles, et ma voiture est plutôt imposante. Elle dut faire quelques manœuvres avant d’être bien placée.

À la radio, la musique était si forte, que je ne pouvais même pas entendre le bruit du moteur. La nervosité de ma fille augmentait, eu fur et à mesure des manœuvres qu’elle réalisait. J’étais toujours aussi silencieux. La patience de Nadia arriva à bout, et je vis son visage rougir, une manifestation habituelle, chez elle, quand elle commence à être énervée. Elle parvint à se garer au prix de quelques jurons, et d’un effort considérable, visible à la sueur qui perlait à son front. En sortant de la voiture, je voyais bien qu’elle était encore perturbée par cet exercice de conduite difficile. Je ne fis aucune remarque, et nous sommes entrés au supermarché pour prendre les ingrédients qui me manquaient pour le souper.

Dans les allées, les clients se pressaient, et je fis de mon mieux pour sortir au plus vite de ce lieu. Je n’ai jamais aimé ces endroits, mais je suis bien obligé d’y aller, de temps en temps. Je suis passé à la caisse avec Nadia, qui avait ajouté un paquet de bonbons aux quelques achats que j’avais effectués. De retour à la voiture, je lui ai proposé de conduire. Elle me demanda si je n’avais pas été satisfait de sa conduite. Je n’attendais que cette petite ouverture pour lui exposer mes pensées. Avec la musique si forte, elle ne pouvait pas bien apprécier les distances, écouter son moteur, et bien maîtriser son véhicule. Je lui ai aussi expliqué que son cerveau ne pouvait pas être attentif en même temps au son qui se déversait dans l’automobile, et à sa conduite.