Le secret de ma fille - Dave Keesler

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Le secret de ma fille

Le secret de ma fille - Dave Keesler

Je me souviens du jour où ma fille a obtenu son permis de conduire. Elle était aux anges. Elle parlait déjà de virées avec ses amies. J’étais content pour elle, mais en même temps inquiet par son impatience. Mais lorsqu’on allait en ville, je trouvais qu’elle se débrouillait plutôt bien pour une novice. Lors de nos sorties en weekend, elle insistait pour conduire. Mais je ne l’ai laissée prendre le volant que deux ou trois fois, et uniquement, sur les axes où les trafics étaient les moins denses. Mais comme par magie, en à peine trois semaines, ma fille ne conduisait plus du tout comme une novice.

Un coup de bluff

Cela m’a intrigué un moment bien sûr. Je me suis alors mis à me demander si elle n’avait pas pris des cours de conduite avant. Peut-être que l’un de ses amis lui a appris à conduire et que l’auto-école n’était, au fond, qu’une simple façade. Quelques semaines plus tard, ce que j’allais apprendre devait confirmer cette conviction. Mais j’étais loin, très loin de soupçonner dans quelles conditions elle avait appris à conduire avec autant de dextérité. En réalité, le jour ma fille avait « officiellement » obtenu son permis de conduire, cela faisait déjà presque 1 an et demi, qu’elle était un as du volant. Elle avait tout appris avec des amis qui participaient de temps à autre à des courses clandestines, essentiellement nocturnes. Je l’ai su quand le pire a failli se produire.

Ma fille, un as du volant

Si ma fille ne m’en avait jamais parlé, c’est parce qu’elle savait que je m’y opposerais. Seulement, la réalité du risque s’est brusquement rappelée à elle. Jeunes et inconscients, les coureurs aimaient à défier les voitures de patrouille de la police. Mais un soir, l’un d’eux a perdu le contrôle de son véhicule, qui s’est heurté contre un muret. La blessure n’était pas grave, mais ses parents, propriétaires d’une compagnie de remplacement toiture Lavaltrie, étaient affolés. Ce coureur intrépide était celui qui avait tout appris à ma fille. Je comprends qu’elle ait voulu rester auprès de lui à l’hôpital. Qui plus est, le jeune homme était censé aller au cinéma avec ma fille, et devait la ramener après le film. Je savais que ma fille était trop passionnée pour entendre raison. Alors, j’ai laissé passer quelques jours. Je lui ai ensuite proposé de ne participer qu’à des courses officielles, de patienter un peu pour passer les tests d’aptitudes exigées. À défaut de dire oui, elle a répondu qu’elle y réfléchirait…