Ma femme ne supporte pas la moto - Dave Keesler

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Ma femme ne supporte pas la moto

Ma femme ne supporte pas la moto - Dave Keesler

J'ai toujours adoré rouler vite dans des voitures puissantes, même quand je n'en avais pas forcément les moyens. Nous sommes mariés depuis une dizaine d'années, et malgré les dépenses que j'occasionnais en achetant des voitures imposantes, ma femme a toujours dit à nos amis, nos familles ou même ses collègues qu'elle préférait ça, que « certains hommes changent sans cesse de femme. Lui, change souvent de voiture... Ça me convient très bien ! »

J'ai de nombreux amis qui travaillent dans différents domaines. Il y en a qui travaillent dans le remplacement toiture joliette, et d'autres qui travaillent dans le monde de l'automobile à Montréal, et c'est tout naturellement qu'il y a déjà deux ans, j'ai suivi le mouvement, et je me suis glissé dans la peau d'un motard. Bien entendu, j'ai adoré ! J'avais déjà mon permis moto, je l'avais passé jeune, mais à cause de mes déboires du moment, je n'avais pas vraiment pu en profiter. Dans ce temps-là, mon temps était consacré à autre chose. Alors, j'ai redécouvert ces sensations qui m'avaient presque quitté. La différence entre une voiture et une moto, c'est qu'avec cette dernière, vous êtes pleinement conscient de votre situation. Vous sentez le vent fouetter votre visage, la route défile clairement sans angles morts, vous entendez les bruits alentours... En clair, vous vivez le moment, vous êtes présent dans la conduite.

C'était aussi extraordinaire lorsque j'ai amené ma femme la première fois parce qu'on se sent viril lorsqu'on conduit une moto puissante avec les mains enserrées autour de notre taille de la personne que nous aimons. Au début, nous faisions souvent des week-ends, l'été principalement, en moto. On partait à la mer et on louait une chambre d'hôtel. C'était des moments magiques et très harmonieux. Et puis, un jour, plusieurs de mes amis motards sont venus prendre un verre et ils ont parlé de tous ces individus fauchés en moto ou qui ont de graves accidents, restant parfois avec de lourdes séquelles. Ces discussions ont eu un impact impressionnant sur ses pensées. De semaine en semaine, sa peur augmentait jusqu'à ce que ça devienne une phobie.

Nous partons toujours ensemble, mais elle ne supporte plus que je prenne la moto, seul, sur des longs trajets. Le mois dernier, ça a failli se terminer, puisque j'ai écrit à tous mes contacts potentiellement intéressés que j'avais une moto à vendre. Elle ne souhaite pas me priver de ce plaisir, elle a juste peur que ce plaisir ait de graves conséquences. De mon côté, ça ne me met pas en colère, tous les motards comprennent cette attitude, mais je suis un peu lassé de ces conversations. J'espère que le temps arrangera les choses où je finirais vraiment par arrêter la moto.