Quand les passions changent - Dave Keesler

Mon blogue

Quand les passions changent

Quand les passions changent - Dave Keesler

Ma conjointe avait voulu une décoration romantique dans la chambre de notre fille, quand elle avait onze ans. Elle avait montré à Lisa, notre enfant, des photographies où des lits à baldaquin étaient recouverts de linge en dentelle rose. Grâce à de nombreuses ventes de garage, je trouvais un coffre, un fauteuil en osier, que je peins en blanc, une commode, qui devint rose avec des fleurs peintes sur les tiroirs. Les voilages étaient sobres, écrue, et les rideaux avaient été choisis par ma fille, qui voulait du velours rose. Des embrasses les retenaient pendant la journée, avec de grosses fleurs en fer qui les ornaient. Ma fille avait adoré dormir dans cette chambre. Elle avait tranquillement grandi, et elle était devenue très différente. Elle s’intéressait à la biologie et sa passion pour les roses lui était passée. Un soir, elle défit les rideaux, laissant juste les voilages, elle les plia proprement et les rangea dans une malle.

Tout doucement, elle changea le décor de sa chambre. Puis arrivât le moment où elle devait se séparer de sa commode. Il n’avait même pas été question qu’elle mette au rebut son fauteuil en osier, non plus que sa malle. Elle les avait décapés de la peinture blanche et ils avaient repris leur ton blond naturel. Les objets de décoration, qui caractérisaient la chambre romantique de ma fille, disparurent presque tous. Un après-midi, alors que je revoyais ma gestion de patrimoine au téléphone avec mon conseiller, j’entendis un grand bruit qui venait de l’étage. Je raccrochais, aussi poliment que je pus, et je me précipitais dans les escaliers pour savoir ce qui se passait. Je craignais, à entendre le bruit sourd, que ma fille soit tombée.

Lisa était empêtrée dans les voilages qui entouraient son lit à baldaquin. Elle avait voulu dévisser la structure qui entourait le lit, mais elle n’était parvenue qu’à se faire tomber les montants en bois, qui retenaient les voilages, sur elle. Je l’aidais à se libérer et à terminer le démontage. Plus simple, sa chambre n’en gardait pas moins un charme que j’appréciais. Elle avait su combiner de jolis posters, de très belles photographies, avec des tapis colorés et elle avait changé ses rideaux en velours contre plusieurs épaisseurs de voiles. Le côté aérien de ces rideaux était très agréable à contempler. Je remarquais que la commode n’avait pas changé de place et qu’elle n’allait pas avec le restant de la décoration.