Un ami en panique - Dave Keesler

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Un ami en panique

Je n’avais pas compris ce que me disait Arthur. Il parlait si vite, au téléphone, que je ne comprenais qu’un mot sur deux qu’il prononçait. J’avais entrepris de l’aider à saisir certains détails de son plan financier, il était de plus en plus paniqué, car il ne voyait pas de quoi je lui parlais. J’ai mis quelques minutes avant de lui proposer de venir le voir. Tous les éléments étaient chez lui, c’était une solution plus simple à envisager que de lui demander de se déplacer. J’ai mis une veste chaude, car le vent froid était levé depuis l’après-midi. La température avait brusquement chuté, et j’avais préféré m’abstenir de sortir. Pourtant, face à la détresse de mon ami, je ne pouvais pas rester tranquillement à mon domicile. Je suis arrivé devant l’entrée de sa propriété dix minutes après que notre appel a cessé.

Ma conjointe était partie rencontrer un planificateur financier MontrĂ©al. Elle passerait la fin de l’après-midi avec une amie. J’avais plusieurs heures à consacrer au problème d’Arthur. Le soir, j’étais invité à participer à un gala de charité, et ma conjointe devait passer chez nous pour se préparer, puis nous avions prévu de partir ensemble en taxi. Quand j’ai vu la table du salon de mon ami, j’ai tout de suite compris qu’il était submergé. Il avait tout étalé en désordre, et le rangement par catégorie de chaque document prit environ une heure. Quand cette première étape fut passée, il vit mieux ce que je lui demandais de faire. Il a entassé une partie des papiers dans un classeur, uniquement ceux qui concernaient des dossiers dont nous ne pouvions pas nous occuper.

Je vis qu’il avait assimilé correctement tous les détails que je lui avais livrés, en deux heures. Quand il me proposa de rester pour souper, je lui ai expliqué que j’étais déjà invité. Il souhaitait me remercier. Je lui ai certifié que, un jour ou l’autre, ce serait moi qui ferais appel à ses compétences. Il m’assura qu’il serait là pour moi dans toutes les occasions. Je lui ai dit, en plaisantant, que je ne manquerais pas de l’appeler si j’étais confronté à un problème, et cela, même au milieu de la nuit. Il me redit, très sérieusement, qu’il serait toujours là pour moi, sur le même ton de voix que précédemment. Je ne savais pas que cette promesse me sauverait quelques jours plus tard.